25.10.2009

Les bienfaits d'une bonne tasse de thé...

"Le rituel du thé, cette reconduction précise des mêmes gestes et de la même dégustation, cette accession à des sensations simples, authentiques et raffinées, cette licence donnée à chacun, à peu de frais, de devenir un aristocrate du goût parce que le thé est la boisson des riches comme elle est celle des pauvres, le rituel du thé donc, a cette vertu extraordinaire d'introduire dans l'absurdité de nos vies une brèche d'harmonie sereine. Oui, l'univers conspire à la vacuité, les âmes perdues pleurent la beauté, l'insignifiance nous encercle. Alors, buvons une tasse de thé. Le silence se fait, on entend le vent qui souffle au-dehors, les feuilles d'automne bruissent et s'envolent, le chat dort dans la chaude lumière. Et, dans chaque gorgée, se sublime le temps."

Muriel Barbery, L'élégance du hérisson

J'adore le thé. Pour son goût. Pour la magie de l'eau se troublant et prenant une nouvelle teinte. Pour la volupté des senteurs dégagées. Mais jamais je n'aurai su décrire aussi bien tout ce bonheur que peut procurer ce moment si particulier. Evidemment, le thé se boit en toute occasion. Au travail, pour se donner du courage, se réconforter, partager un bon moment entre collègues. A l'extérieur, avec ses amis, moment propice aux confidences. J'aime boire le thé dans ces conditions. Mais je suis une inconditionnelle du moment parfait. Ce moment où le vent se déchaine à l'extérieur. Ce moment où l'on s'emmitoufle dans un bon gros gilet. Ce moment où l'on laisse tout de côté. Où l'activité précise est de boire le thé. Et de savourer cet instant. Instant où tous les soucis s'envolent comme ces feuilles qui tourbillonnent, là, dehors. Instant précis où la gorgée de thé devient réconfort et bonheur intense. Où boire un thé prend vraiment tout son sens...

21.04.2009

Tout amour vaut mieux que le manque d'amour...

 Le soleil brille. La chaleur se fait sentir sur ma peau. Une légère brise rend cela agréable. Je suis là, sur la pelouse, Franz et Clara dans les mains. La musique m'accompagne, les écouteurs vissés sur les oreilles. Je vis avec eux. Je suis là, au bord du lac, et je me délecte de leurs conversations. « Il faudrait être tout le temps capable d'attraper la beauté de l'instant. » Cet instant là, précisément, est beau, doux, agréable. Les pages tournent, les mots défilent et avec eux un plaisir certain. Franz et Clara s'éloignent, mais ce n'est que pour mieux se retrouver. Elle en avait besoin. Ils en avaient besoin. « Il n'y a pas d'amour impossible ». Ils se retrouvent, des années plus tard. J'ai l'impression de vieillir avec eux, de sentir le poids de ces années de séparation nécessaire à son bien-être, à sa construction. Ils sont là et c'est comme s'ils s'étaient quittés la veille. Les sentiments exhalent de leur discussion. Présents, palpables. Ils se sont trouvés. Et dans mes oreilles, Francis Cabrel chante Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai...

 

Franz et Clara, Philippe Labro.